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7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [1/2]

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Dans cet article je partage avec vous 7 conseils permaculture pour commencer un jardin potager en permaculture. Je reprends et je complète dans cet article les conseils que je vous avais donné à l’occasion du défi permaculture.

Je reçois fréquemment des demandes concernant des questions sur la mise en place d’un jardin potager en permaculture. C’est pourquoi je vous avais proposé, sur les réseaux sociaux ( et ), une série de conseils permaculture généraux sur la permaculture. Ils ne sont donc pas adaptés à des contextes précis, mais adaptés à tous les milieux, contextes, endroits, région, climats etc. Ces conseils permaculture avaient eu un accueil plutôt bon, et j’ai aussi reçu des demandes pour que je les reprenne dans un article sur le site Jardiner Futé afin que vous puissiez tous y avoir accès. Mais je ne vais pas me contenter de vous les réécrire ici. Je vais aussi les détailler et vous donner, quand je le peux, des indications précises et des conseils permaculture plus poussés.

 

Maîtriser les bases de la permaculture

J’invite toujours les gens à se demander ce qu’est la permaculture lorsque je reçois des questions sur la permaculture, ou de gens qui me demandent des conseils sur leur jardin potager et ce que je pense de telle ou telle technique. Je vous invite donc à faire l’exercice, essayer d’exprimer clairement ce qu’est la permaculture. C’est parfois important de se demander quelles sont nos bases. Une des meilleurs technique pour voir si vous connaissez quelque chose est de l’expliquer à quelqu’un. Si vous n’en êtes pas capable, pas de problème, ça arrive à tout le monde ! Voilà un article que j’ai écris à cet effet : la permaculture, qu’est-ce que c’est ?

Pour faire simple, la permaculture c’est comme une boîte à outils. Une boîte à outils qui aide à prendre exemple sur la nature pour créer des milieux les plus autonomes, durables et pourquoi pas résilients possible. Vous vous doutez bien que ce n’est pas seulement applicable au jardin ou à l’agriculture. Prendre son temps, observer et comprendre sont des principes clefs, mais nous allons voir tout ça dans les conseils permaculture orientés jardin potager.

 

Conseil permaculture 1 • Observation & Compréhension

Il y a plusieurs principes de bases en permaculture qu’il faut avoir en tête pour créer un lieu aussi résilient que possible. Mais l’un d’entre eux est vraiment essentiel. C’est l’observation. De ce dernier principe permaculturel découle quasiment tous les autres. Et notamment son corolaire, la compréhension. Observation et compréhension sont un peu les mamelles de la permaculture si vous voulez ! 😉

En effet, les principes de base pour jardiner de façon naturelle, que ce soit en permaculture ou pas d’ailleurs, est de prendre le temps d’observer son jardin et de comprendre ce qui se passe avant de chercher à intervenir. Il y a des pucerons sur une de vos plantes au jardin ? Voyons voir s’il n’y aurait pas quelques coccinelles en plein festin. Ces dernières gèreront la situation bien mieux qu’aucun pesticide ne le ferait.

 

Pucerons, coccinelle et fourmi

 

Si vous interveniez, que se passerait-il ? Les pucerons ne seraient certainement plus un problème, encore que, il se peut qu’ils reviennent rapidement. Donc plus de pucerons, mais lorsqu’ils reviendront vous devrez, à nouveau, traiter vos plantes. Je ne parle même pas de la toxicité de certains produits phyto-sanitaires. Mais l’intervention pourrait-être faite avec des produits “sains” comme des purins, que la logique resterait la même. Cela vous contraint à devoir intervenir encore et encore si vous choisissez cette voie.

Mon propos n’est pas non-interventionniste, enfin, pas totalement. Prenons un exemple, vous êtes maraîcher et vous devez produire une quantité X de production agricole. Et si vous avez des insectes ou animaux ravageurs en grand nombre et que cela peut mettre en péril une récolte il faut peser le pour et le contre. Mais je n’ai aucun doute que les lecteurs avisés que vous êtes sauront faire la part des choses.

 

Conseil permaculture 2 • Les adventices

Avez-vous remarqué la propension qu’on les gens qui ne connaissent pas certaines choses à les appeler avec des mots pleins de méfiance ? La méconnaissance amène à la peur et au rejet, voire à l’antipathie et parfois, dans les cas les plus extrême à la haine. Que ce soit dans la société ou au fin fond du jardin…

Dans le cas des adventices, on les appelle plantes indésirables, mauvaises herbes. Ce sont des plantes qui poussent sur le lieu de culture sans que nous les ayons planté ou semé. Mais finalement, dans la plupart des contextes, cela relève d’une méconnaissance. Souvent, ces plantes indésirables sont comestibles, médicinales ou possèdent des propriétés intéressantes pour le jardin potager.

Astuce à mettre en place : avant d’arracher ou de couper une plante au jardin potager, cherchez à connaître ne serait-ce que le nom de la plante en question. Peut-être qu’il s’agit d’une plante comestibles ou une plante riche que vous pourrez utiliser en mulch ? Peut-être même qu’elle nourrit des auxiliaires du jardin potager, et ainsi elle serait elle même un organisme auxiliaire. Elle est pas belle la vie ? 😉

 

Conseil permaculture 3 • Résilience & Biodiversité

En jardinage naturel, et plus encore en permaculture, on essaye d’augmenter les interactions dans un milieu. Que cela soit entre les interfaces de plusieurs milieux différents, comme la lisière d’un bois, les prairies, un étang ou même le potager plus classique !

Ça permet d’augmenter la résilience d’un milieu. Si vous avez déjà lu quelques uns de mes articles vous savez que la notion de résilience me plaît énormément. Mais en quoi cela consiste ? La résilience est la capacité d’un milieu ou d’un objet au sens large à surmonter un problème et à revenir à la situation initiale ou évoluer vers une situation plus avancée.

À titre de comparaison, on nous bassine l’esprit depuis des décennies avec la notion de crise. Or, une crise est un état “critique” après lequel, si on arrive à le surpasser, on revient à l’état initial. Ce qui n’est pas le cas, nous vivons des mutations sociétales. C’est une notion que l’on peut retrouver dans les livres d’Albert Jacquard, comme quoi, la permaculture, c’est vraiment partout ! D’ailleurs, la biodiversité est certainement le moyen le plus efficace pour tendre vers cet idéal de résilience (qui est dur d’atteindre totalement, il faut être honnête).

 

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Un hérisson du jardin !

 

Conseil permaculture 4 • Autonomie du système

Gardez en tête qu’à chaque fois que vous faites quelques chose au jardin, l’action que vous avez eu remplace un intermédiaire naturel, ou pourrait être remplacé par un intermédiaire dans la nature. Autrement dit, et cela rejoint le premier point de cette liste, à chaque fois que vous intervenez pour gérer un déséquilibre au jardin potager vous remplacez un intermédiaire, comme un auxiliaire. Mais cela entraîne un cercle vicieux, si vous remplacez un auxiliaire, par exemple, ce dernier n’a pas le temps et de raisons de venir s’installer dans votre jardin potager ou votre exploitation maraîchère.

Pour être plus clair encore, si vous tuez la source de nourriture d’un auxiliaire, ce dernier ne va pas venir dans votre jardin pour vos beaux yeux. Et ce, même si vous avez un magnifique hôtel à insectes. Avant de vouloir tuer un organisme que vous pensez être un ravageur, essayer de repérer les auxiliaires qui sont déjà peut-être en plein travail. 😉

 

Conseil permaculture 5 • Offrir le gîte à la biodiversité

hôtel à insectes conseils
L’hôtel à insectes de la maison derrière la moutarde et la phacélie

Pour accroître la biodiversité de votre milieu (jardin ou autre) vous avez plusieurs astuces que nous allons voir. Mais avant cela voyons comment les faire rester. Pour ce faire vous avez une solution toute en 1 ; l’hôtel à insectes. Pour construire un hôtel à insectes, n’utilisez pas du bois traité. Le mieux est de choisir du bois naturel. Évitez aussi de mettre du vernis ou autre qui pourrait être nocif pour les insectes. C’est très facilement réalisable et j’ai réalisé le mien gratuitement, en utilisant seulement de la matière première recyclée. Choisissez donc des matériaux recyclés, pas besoin de dépenser 50€ à la jardinerie du coin. Je vous partagerai un tutoriel pour en construire un.

Si cet aspect assez artificiel peut déplaire à certains (notamment ceux qui ont du terrain), il faut garder en tête que beaucoup de permaculteurs ou aspirants jardinier doivent se contenter d’un balcon en ville. Pour ceux qui possèdent un grand terrain, voilà quelques conseils intéressants. Vous pouvez créer plusieurs mini-écosystème pour héberger des auxiliaires (ou non) dans votre jardin potager. Citons par exemple des tas de vieux bois en train de se décomposer, une haie champêtre, un tas de compost, une mare ou un mulch épais. Chacun de ces abris offrent autant de possibilité d’héberger de nombreux animaux.

 

Conseil permaculture 6 • À manger pour la biodiversité

Vous avez peut-être un hôtel à insectes chez vous qui ne se remplit pas du tout et qui ne sert donc à rien mise à part décorer ? C’est que vous avez, peut-être, oublié l’essentiel : donner une raison valable à ces auxiliaires de nidifier dans ce lieu plutôt qu’un autre. Ils ne risquent pas de fonder leurs petites familles dans un lieu qui ne pourrait leur donner la nourriture nécessaire. C’est pourquoi il faut privilégier l’apport de nourriture aux auxiliaires. Et vous voyez donc où je veux en venir. Si vous tuez les “ravageurs” du jardin, les auxiliaires n’auront plus de source de nourriture et c’est par cela qu’ils sont intéressés.

Si vous devez quand même intervenir, une astuce dans ce cas et de laisser quelques plants sans traitement. Ces plants seront donc toujours attaqués par la maladie ou des ravageurs. Mais les auxiliaires auront la possibilité de trouver de la nourriture dans votre jardin potager/ ferme/ balcon. Et donc de s’installer durablement (autant que possible). De cette façon, lors de la prochaine “attaque”, ces auxiliaires seront directement présents sur le lieu et gèreront le problème dès la base.

 

Conseil permaculture 7 • Relativiser & Intégration

Les conseils que je vous donne sont assez généraux et sont à adapter à votre situation du moment. Si vous êtes infestés par les pucerons et qu’il n’y a aucune preuve de présence de coccinelles (qui dévorent littéralement un nombre incalculable de pucerons), vous feriez mieux d’intervenir un tant soit peu. Il faut toujours essayer de relativiser les conseils que l’on lit sur internet, car nos situations personnelles sont particulières et presque uniques.

Par ailleurs, cet appel à relativiser marche aussi dans le sens inverse. Beaucoup de jardiniers laissent parler leur peur face à des éléments non voulus à la base. Mais c’est une réaction tout à fait normale, à laquelle il faut essayer de répondre de manière constructive.

On a tendance à ne vouloir attirer que des auxiliaires au jardin potager, ou sur un balcon. Mais ce n’est pas forcément la meilleure des attitudes. En effet, les auxiliaires ne seront présents et ne se reproduiront que si leur source de nourriture est présente dans le lieu dit, comme nous l’avons déjà vu. Par exemple, si vous voulez attirer des carabes (qui régulent à merveille les populations de limaces au jardin), il faut accepter d’avoir des limaces durant un temps (en nombre assez élevé parfois). Pour qu’ensuite elles soient régulées directement par leurs prédateurs naturels, comme n’importe quel maillon de la biodiversité d’un écosystème. 🙂

Pour finir, tous ces animaux, insectes ou plantes que l’on considèrent comme ravageurs ou nuisibles ont souvent des intérêts et des rôles importants et méconnus. Par exemple, les limaces et les escargots sont extrêmement importants dans le processus de recyclage de la matière organique et de la formation des sols. Ce à quoi chaque jardinier devrait prêter l’oreille vous ne pensez pas ? Si la formation des sols vous intéresse, je vous recommande vivement ce livre là : le sol, la terre et les champs de Claude et Lydia Bourguignon.

 

J’espère que cette liste de conseils permaculture vous a plu, si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser en commentaire sous l’article, je répondrai à chacun d’entre-vous.

Et surtout, n’oubliez pas de partager cet article ! 😉

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9 réflexions au sujet de « 7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [1/2] »

    1. Merci pour le retour ! J’ai essayé de donner les conseils de bases sans chercher à faire quelque chose d’exhaustif. Mais si ça donne cette impression c’est génial.

      J’avoue que je ne sais pas quand je vais l’écrire, j’ai déjà pas mal d’articles de jardinage et de permaculture prévus. Mais je ferai ce tuto pour la construction d’un hôtel à insectes au plus vite !

      À bientôt 🙂

    1. Salut Jean Claude !

      Merci beaucoup pour ce partage, ça me fait très plaisir ! J’espère que ça pourra aider plus de gens à connaître la permaculture ! 🙂

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