Au jardin potagerPermaculture

7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [2/2]

Dans cet article je partage avec vous des conseils permaculture plus pratiques pour commencer un jardin potager en permaculture. Il s’inscrit dans la suite du précédant article

Cet article est la suite du précédant article “7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [1/2]“. Cet article aura une visée plus didactique que le précédent qui proposait des conseils permaculture plus généraux mais fondamentaux.

Je reçois fréquemment des demandes concernant des questions sur la mise en place d’un jardin potager en permaculture. C’est pourquoi je vous avais proposé, sur les réseaux sociaux ( et ), une série de conseils permaculture généraux sur la permaculture. Ils ne sont donc pas adaptés à des contextes précis, mais adaptés à tous les milieux, contextes, endroits, régions, climats etc. Ces conseils permaculture avaient eu un plutôt bon accueil. Mais je ne vais pas me contenter de vous les réécrire ici. Je vais aussi les détailler et vous donner, quand je le peux, des indications précises et des conseils permaculture plus poussés.

 

Cet article est le deuxième d’une série de 2 articles concernant les conseils pour commencer un jardin potager en permaculture. Je vous conseille de lire le premier avant de lire celui-ci, mais revenez sur l’article présent juste après car les deux sont totalement complémentaires : 7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [1/2].

 

Conseil permaculture • Un écosystème riche & varié

Dans la permaculture, on parle beaucoup d’un concept que l’on nomme “l’effet de lisière“. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Cela est très simple à comprendre. On conseille souvent de créer des milieux très différents dans son espace alloué (ou non) aux cultures. Pour de multiples raisons. Premièrement, parce que cette multiplicité de milieux amènera des animaux, végétaux et champignons très différents à s’installer sur votre terrain. Et si vous avez lu le précédent article, vous savez à quel point il est fondamental de créer un écosystème riche et complexe. Si vous ne l’avez pas lu, je vous invite fortement à le faire afin que la lecture du présent article vous soit le plus profitable possible : 7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [1/2].

L’effet lisière dans tout ça est très simple à comprendre, la lisière est l’espace de jonction entre deux milieux différents. Et dans ces espaces, force est de constater que la biodiversité est très grande. C’est la jonction entre 2 milieux plus ou moins différents qui amène cette biodiversité accrue.

Mais concrètement, comment mixer les différents milieux sur son terrain ? Voilà quelques idées de milieux que vous pouvez mettre en place directement sur votre terrain :

  • des mares (ou une seule ce qui est déjà très bien) : il s’agit d’un des milieux les plus riches que vous puissiez mettre en place. Un point d’eau vous permettra d’attirer énormément d’animaux qui ne seraient sans doute jamais venus sur votre terrain. Parmi ces derniers : crapauds, grenouilles, libellules et autre oiseaux qui pourront s’y désaltérer en été.
  • une forêt jardin (même très petite) ou une haie : avec la mare c’est un des autres milieux à vraiment considérer. Premièrement la haie ou la forêt jardin a énormément d’avantages pour votre jardin (coupe vent, production supplémentaire s’il s’agit d’arbres fruitiers par exemple, etc) que je vous présenterai dans un article dédié. Mais elles permettent d’héberger énormément d’animaux tels que les hérissons, les oiseaux, les coccinelles, etc.
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Un hérisson du jardin ! (Ils hibernent souvent dans des tas de feuilles et de branchages.)

Parmi les milieux que vous pouvez installer beaucoup plus facilement, en voilà quelques un :

  • tas de pierres
  • tas de bois, frais ou en décomposition (les deux mélangés c’est aussi possible)
  • tas de feuilles
  • tas de compost

Ces derniers vous permettront d’attirer durablement une très grande biodiversité, dans laquelle vous aurez aussi bien des animaux et organismes considérés comme ravageurs. Et des auxiliaires, des animaux et autres organismes qui sont considérés comme ayant un plus grand impact positif que négatif. Si le sujet des auxiliaires vous intéresse, je vous invite à lire cet article que écrit aux tous débuts de ce site : les auxiliaires, ces organismes surprenants.

 

Conseil permaculture • Des plantes très intéressantes

Les engrais verts sont des plantes qui permettent d’occuper un terrain donné soit entre deux cultures, soit en même temps que des cultures soient en place avec la technique des cultures intercalaires. Cette technique a de nombreux avantages que je vous décrirai en détail dans un article dédié. Sachez quand même qu’ils permettent d’amender naturellement le sol, de préserver la vie du sol et de le protéger.

Contrairement à des branchages ou des feuilles mortes, les engrais verts sont un amendement que l’on peut qualifier de “jeune”, c’est-à-dire qu’ils ont une part bien plus grande d’azote que de carbone.  Ce qui fait de ces derniers un amendement qui va tendre vers la minéralisation et non la production d’humus, car peu riches en matière carbonée.

Pour ceux qui ne maîtriseraient pas trop ces notions, voilà un très bref rappel : la matière organique, lors de sa décomposition, suit 3 voies générales : la minéralisation (nourriture des plantes), la réorganisation (nourriture de la faune et des micro-organismes du sol) et l’humification (production d’humus). Cette explication n’est pas du tout exhaustive car assez longue à expliquer. Cependant, si cela vous intéresse comme moi, je vous conseille très fortement de lire le livre Le sol, la terre et les champs. C’est un livre écrit par les très célèbres Claude et Lydia Bourguignon, et vous y apprendrez réellement énormément de choses sur le fonctionnement du sol. Pour d’autres recommandations, je vous invite à lire la dernière partie de cet article. 😉 

Cependant je ne vais pas vous conseiller seulement des engrais verts, ce serait un non-sens pour un jardinier qui adore les plantes vivaces et les arbres. En effet, certaines plantes vivaces ont des propriétés tout à fait intéressantes. C’est le cas par exemple de la très connue consoude. D’autres plantes permettent d’attirer rapidement une riche biodiversité. Voilà donc une liste très personnelle de plantes que j’introduirais rapidement sur un nouveau terrain. :

  • la bourrache : permet d’attirer rapidement des abeilles (donc beaucoup d’abeilles solitaires)
  • la capucine : c’est une plante relais qui attire les pucerons sur elle.  Elle permet de faire le relais avant qu’ils s’attaquent aux plantations. Cela permet aussi de laisser du temps aux coccinelles de venir se reproduire et de festoyer. 😉
  • la phacélie : elle attire les insectes pollinisateurs et permet d’aérer le sol avec son système racinaire
  • moutarde blanche : c’est une plante de la famille des choux (Brassicaceae), elle permet donc d’attirer certains ravageurs loin des plantes de la famille des choux. La moutarde blanche attire aussi beaucoup les abeilles et bourdons et permet d’embaumer le jardin de son odeur.
  • La consoude : une plante engrais et vivace très connue.
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu   Le mulch, qu'est-ce que c'est ?

Je vous invite bien sûr à laisser une place importante aux plantes sauvages sur votre terrain. N’hésitez pas à laisser des planches enherbées de plantes sauvages, cela constituera un refuge idéal pour beaucoup d’insectes.

 

Conseil permaculture • Les associations de cultures

Les associations de cultures sont très importantes au jardin potager et elles sont très connues dans le milieu de la permaculture ou de l’agro-écologie. Je vais vous en parler rapidement comme il s’agit d’une succession de conseils sur la permaculture. Cependant, si le sujet vous intéresse, sachez qu’il y a un article qui en parle de manière bien plus détaillée : l’association de culture, ou cultures associées.

Les cultures associées sont importantes notamment pour les personnes qui veulent accroître leur productivité sur une petite parcelle. En effet, là où vous ne cultiveriez qu’une culture, vous pouvez en cultiver plus. Les associations de cultures permettent donc d’accroître la productivité d’une parcelle donnée, mais ce n’est pas tout. Elles permettent, comme nous allons le voir, d’augmenter la résistance des plantes aux maladies ou aux ravageurs. Et dans certains cas, comme pour la milpa, les plantes s’aident à croître entre elles !

 

milpa 3 soeurs associations de plantes
La milpa est une association pluri-millénaire qui nous vient notamment d’Amérique du Sud

 

Mais par quel stratagème les associations de cultures permettent-elles de lutter plus efficacement contre les maladies ou les ravageurs ? En associant plusieurs plantes sur une même parcelle, les odeurs, les couleurs et les formes se mélangent. Par exemple, pour les petites chenilles qui raffolent des plantes de la familles des choux (Brassicaceae), mélanger plusieurs plantes leur compliquent la tâche. Si elles n’avaient qu’une parcelle de choux, ce serait une bénédiction pour elles : elles n’auraient qu’à passer d’une plante à l’autre. Mais dans une parcelle en association, les chenilles sont désorientées.

Certaines plantes excellent dans le domaine de dérouter les insectes et animaux, ce sont les plantes aromatiques fleuries. En effet, beaucoup d’insectes et d’autres animaux se repèrent majoritairement à l’odeur. Autant dire qu’une plante aromatique qui sent fort permet de brouiller les pistes. J’ai précisé “fleuries” car d’autres peuvent aussi se repérer grâce aux couleurs ou aux formes. N’hésitez pas à placer des fleurs et des plantes aromatiques annuelles dans votre jardin potager. Ils n’en sera que plus beau et vous bénéficierez de tous ces avantages.

Parmi les associations de cultures très connues, il en est une que vous devez connaître si elle ne vous dit rien, il s’agit de la milpa. Aussi appelée l’association des 3 soeurs. J’ai écrit un article au sujet de cette association plurimillénaire, et je vous invite fortement à aller y jeter un coup d’oeil : la milpa, une association ancestrale.  😉

 

Conseil permaculture • Apprendre & Prendre du recul

Selon moi, il s’agit peut-être du conseil le plus important de cet article. Celui d’essayer d’apprendre toujours et encore. Personne n’a la science infuse, et par le biais de ce site je m’aperçois que j’avance rapidement dans ma passion. Et plus j’en apprends, plus je comprends à quel point le monde et le champ de connaissances est plus complexe, plus vaste et plus intéressant que je ne le soupçonnais alors. J’ai sélectionné dans ma bibliothèque quelques livres fondamentaux pour toutes les personnes qui cherchent des références (sérieuses) sur la permaculture, le jardinage et le fonctionnement du sol. Sans plus attendre, voilà une liste de livres que vous pouvez lire :

  • Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourguignon. C’est un livre très intéressant, scientifique et cependant accessible au plus grand nombre. Vous y apprendrez toutes les bases nécessaires pour comprendre comment fonctionne votre sol, des connaissances importantes en permaculture. C’est aussi un livre très utile pour les paysans, les agriculteurs et les maraîchers car ils y présentent des techniques qui peuvent s’utiliser sur de vastes terrains. Si vous souhaitez en apprendre plus, voilà une chronique que j’ai écris dessus : chronique du livre Le sol, la terre et les champs de Claude et Lydia Bourguignon.
  • Permaculture, guérir la terre, nourrir les Hommes,  de Perrine et Hervé-Gruyer. Vous apprendrez l’existence d’énormément de techniques dans ce livre. Son seul défaut, si s’en est un, est d’avoir été écrit dans un but plus théorique que pratique. Ses auteurs y racontent l’histoire de leur ferme biologique en Normandie et explique comment la permaculture leur a permit de sortir la tête de l’eau. Un témoignage fort, et une mine d’informations à exploiter derrière. Voici la chronique de ce livre : Permaculture, guérir la terre, nourrir les Hommes.
  • La permaculture de Sepp Holzer : un livre particulièrement utile pour les personnes habitant dans un climat froid et montagneux. Mais il reste aussi une référence dans le domaine de la permaculture et pour tous les jardiniers bio désireux de diversifier leurs techniques, ou d’insérer leurs pratiques dans le cadre de la permaculture. À lire au plus vite, j’en ferai prochainement la chronique !
  • Des légumes en hiver, produire en abondance même sous la neige d’Eliot Coleman : pour rester dans le domaine des climats aux hivers froids, ou les climats assez froids en général, ce livre est la référence. Eliot Coleman nous présente plusieurs principes de grandes qualités et des techniques oubliées qui reviennent au goût du jour. Citons par exemple les couches chaudes dont se servaient les maraîchers parisiens d’antan ! Il s’agit d’un livre axé pratique.
  • Introduction à la permaculture de Bill Mollison : un livre culte qu’on ne présente plus. Une pépite pour toute personne qui s’intéresse à la permaculture d’un point de vue général. Vous y apprendrez beaucoup pour votre jardin mais aussi sur ce qui entoure et entre dans cette notion.
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu   5 plantes vivaces faciles au jardin potager

N’oubliez pas que dans tous ces livres vous allez apprendre énormément de connaissances théoriques absolument fondamentales et nécessaires à l’évolution pragmatique et raisonnée d’un jardinier. Mais ces derniers ne remplaceront jamais la pratique. En effet, ce qui marche pour l’un ne marchera pas forcément pour vous. Et ce, même dans des conditions très proches. Tout l’intérêt résidera à comprendre ce qui diffère et à essayer de comprendre le mécanisme en jeu. Voilà une très belle citation de Jean Jacques Rousseau tirée de son livre Les rêveries du promeneur solitaire :

 

“Les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la Terre, comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme par l’attrait du plaisir et de la curiosité à l’étude de la nature”

 

Sur cette magnifique citation s’achève cet article ; si vous avez des remarques ou des questions sur le sujet, n’hésitez pas à laisser un commentaire sous l’article ! Et surtout, n’oubliez pas de partager cet article sur vos réseaux sociaux préférés.

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5 réflexions au sujet de « 7 conseils pour commencer un jardin en permaculture [2/2] »

    1. Salut Jean Claude,

      Merci pour le lien et les partages ! Plus on sera à faire passer le message, mieux ce sera, on a tous une approche différente des mêmes choses, c’est très intéressant.

      À bientôt 😉

      1. Salut Heikel !!
        Le principal c’est d’arriver au même résultat. Comme tu le dis ce n’est qu’en partageant nos différentes expériences que nous arriverons à toucher le maximum de monde. Au fait, où ça en est le carnaval. Je sais que tu as pas mal de boulot. Aujourd’hui il faisait un très beau soleil malgré les -10° du matin. Cet après midi j’en ai profité pour tailler mon pommier et mon poirier. Je mettrais des photos sur mon site dès que j’ai un moment. Bonne soirée !!

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