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La milpa, une association ancestrale

Dans le domaine des plantes compagnes (cultures associées), l’association dite de la milpa aussi appelée les “3 soeurs” est un grand classique. Elle est notamment présentée dans le documentaire de Marie-Monique Robin “Les Moissons du futur” qui est très intéressant.

La milpa

La milpa, ou les 3 soeurs, est certainement l’association de culture la plus connue. Présente traditionnellement en Amérique centrale, en Amérique du Sud mais aussi en Chine, la milpa est une association de 3 cultures différentes : le maïs, le haricot grimpant (: haricot à rames) et la courge. Chacune apportant des bénéfices aux autres que nous verrons plus loin. La milpa est une association de culture extrêmement connue par beaucoup de jardinier, grâce au documentaire Les Moissons du futur notamment. Simple à mettre en place, ne nécessitant pas un terrain très fertile, cette technique est abordable par la grande majorité des jardiniers, qu’ils soient amateurs ou confirmés.

Par ailleurs, a milpa présente aussi un autre intérêt. Au niveau alimentaire la milpa présente un intérêt nutritionnel : elle a l’avantage de former une association (le maïs et le haricot) qui apporte tous les acides aminés essentiels (ceux que le corps ne peut synthétiser lui même). Au delà-même du jardinage, la milpa présente donc un intérêt pour notre santé ! Tout pour plaire, mais rentrons dans le détail au niveau de sa mise en place au jardin potager :

 

L’intérêt de la milpa

La milpa est une association de culture. Aussi appelée culture associée, ou encore compagnonnage végétal. Avant d’en dire plus sur les interactions entre les plantes de la milpa, voyons un peu ce qu’est une association de culture.

 

La milpa, une culture associée

milpa 3 soeurs associations de plantesJe vais reprendre rapidement les base de l’association de culture mais voici un article qui va plus loin si le sujet vous intéresse : la culture associée ou l’association de culture. Sinon, voilà une présentation rapide de ce qu’est l’association de culture et de son intérêt pour le jardinier (ou l’agriculteur).

La culture associée est un procédé agricole qui permet d’associer plusieurs plantes différentes. L’association de culture basique est l’association de différentes variétés de la même espèce de plante, qui se sèment en général à la même période pour une même période de récolte. Par exemple : différentes variétés de salades ou différentes variétés de tomates.

Des associations très connues aussi sont les associations de type céréale-légumineuse. Comme mentionnée plus haut, ce type d’association présente un intérêt nutritionnel : la présence de tous les acides aminés essentiels. Pour l’exemple il suffit de voir la milpa qui associe le maïs et le haricot à rames.

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D’autres associations de cultures sont plus recherchées, présentant des intérêts de lutte biologique : telle espèce éloignant un ou plusieurs ravageurs de l’autre. Exemple : les oeillets d’Inde (ou tagètes), parmi les pieds de tomates, qui éloignent les nématodes qui sont friands des racines des tomates.

Voilà pour les généralités sur la culture associée.

 

Composition de la milpa

La milpa est une association plus complexe que celles citées plus haut, mais qui relève du pur bon sens. Comme je le disais au début, elle est aussi appelées les 3 soeurs car elle associe 3 plantes différentes : le maïs, le haricot et les courges.

  1. Le maïs : il sert de tuteur au haricot grimpant. Il permet de donner un peu d’ombre au haricot grimpant ce qui améliore sa qualité (car ils produisent ainsi moins d’amidon que les haricots cultivés en plein soleil).
  2. Le haricot grimpant : se sert du maïs comme tuteur. Il permet, après la culture, de laisser un sol plus riche en azote grâce à ses nodosités (ou nodules) présentent au niveau de ses racines. Ces nodules proviennent d’une symbiose entre la plante (en général des Fabacées = légumineuses), et des bactéries du genre Rhizobium.
  3. La courge : grâce à ses larges feuilles permet de créer un micro-climat au niveau du sol. Cela permet de garder l’humidité du sol, de le protéger de l’érosion due au vent et à la pluie, et de limiter la pousse d’adventice. Elle joue donc le rôle de paillage vivant. Et ses épines permettent de protéger les cultures contre les herbivores.

 

Comment planter la milpa ?

Plusieurs techniques peuvent être utilisées en fonction de si vous voulez semer directement en pleine terre ou avancer la récolte en semant en godet.

 

Semis direct en pleine terre de la milpa

Plantez des groupes de 2 ou 3 graines de maïs à la fois, espacés de 30 à 50 cm chacun. Quand le maïs aura poussé à environ 10 cm de hauteur vous pourrez semer les courges et les haricots grimpants en alternant les espèces. En général, 2 ou 3 haricots au pieds de chaque maïs afin de s’assurer qu’au moins 1 lève et pousse. Et beaucoup moins de courges car elles grandissent beaucoup. N’hésitez pas à tailler les courges d’ailleurs (la deuxième feuille au dessus du dernier fruit) afin de gagner de la place et pouvoir semer plus de courges.

 

Semis en godet de la milpa

Il s’agit ici de semer le maïs et les courges en godets afin de gagner du temps sur la récolte. En mi-avril, semez le maïs en godets. Puis, 2 ou 3 semaines après, donc en fin avril ou début mai, semez les courges en godets. En mi-mai, quand vous planterez vos maïs et vos courges, vous pourrez semer directement vos haricots à rames aux côtés des maïs

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Les haricots peuvent aussi être plantés en godets, à vous de faire vos propres tests. 😉

 

Pour aller plus loin que la milpa ?

Le jardinage étant affaire d’essai, je vous invite à essayer de compléter l’association de culture par des plantes présentant un autre attrait et à choisir des variétés qui vous intéressent, pas seulement celles présentées sur des articles trouvés sur internet.

Par exemple, certaines tribus ont adaptés la milpa à leur environnement (parfois aride) grâce à des variétés spécifiques résistants à leur climat. Certaines ont aussi rajoutés une plantes mellifère afin d’assurer la pollinisation des haricots à rames et des courges. Vous pouvez aussi changer les courges par des courgettes ou autres.

Vous pouvez vous inspirer de ces exemples afin d’adapter la milpa à vos besoins et surtout à vos envies.

N’hésitez pas non plus à laisser les plantes sauvages/adventices se développer, cela présente notamment l’intérêt d’occuper certains ravageurs de culture. Et pendant qu’ils seront occupés à manger ces plantes sauvages, ils ne mangeront pas vos plantes potagères. Cela vous permettra de souffler en attendant la venue de certains auxiliaires qui réguleront leur population.

 

Vous connaissiez la milpa ? Vous utilisez des variétés spécifiques ? Dites-le nous en commentaire. 😉
Et n’hésitez pas à partager l’article pour faire connaître la milpa au plus grand nombre !

 

 

Photo de http://rafycmexico.blogspot.fr/ 

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13 réflexions au sujet de « La milpa, une association ancestrale »

  1. sympa l’artcle.
    Cette année j’ai planté façon “tipie”tomates sur tuteurs avec barres de traverses car je ne coupe rien; salades au milieu et oignons des cévennes autour.
    Belle réussite car tout le monde croît à merveille et un crapaud y loge.
    Donc l’an prochain oui pour la milpa haricots… et autres.

    1. Bonjour Véronique,

      Merci pour ce commentaire super sympa !

      C’est génial pour le crapaud et l’association de culture. C’est tout à fait dans le thème et ça rejoint l’approche de la permaculture.

      Pour les tomates, les oeillets d’Inde et le basilic sont de très bonnes plantes en association. Les oeillets d’Inde (encore appelés tagètes) repoussent les ravageurs (dont les vers dans le sols). Et ça fait de super fleurs super belles. 😉

      À bientôt !

    1. Bonjour,

      Merci pour le commentaire et le retour sur votre expérience de la mise en place de la milpa. Je vais aller lire votre article de ce pas.
      Ça me donne l’idée de faire un retour sur la milpa moi aussi.

      À bientôt j’espère. 😉

  2. Bonjour,
    En 2014 je me suis lancé dans une milpa, qui a été à la fois une réussite et un semi-échec.
    La réussite c’est que tout, les courges, les haricots (type Tarbais) et le mais, a poussé avec succès.

    Le semi-échec est que j’ai laissé tous les haricots qui ont levé (et cette année-là tous ont levé) et que cela a été beaucoup trop lourd pour ces pauvres maïs qui ont croulé (au sens propre) sous la charge.

    Le résultat net a été un fouillis inextricable de feuilles de gousses et d’épis qui a provoqué la pourriture d’une partie importante de la récolte de haricots et un mauvais mûrissement des courges qui manquaient d’air et de lumière.

    J’ajouterais donc à la méthode qu’il faut enlever les plants de haricots surnuméraires (max. deux par plant de maîs) et utiliser une variété de maïs à tiges résistantes.

    Je vais refaire ça cette année.

    1. Bonjour Denis,
      Bravo pour avoir réussi de cultiver la milpa, ce n’est pas chose aisée la première fois (gérer les périodes de semis etc). Effectivement, il est préférable de laisser un seul haricot par pied de maïs dans le cadre de la milpa. Même un pied de haricot pour un pied de maïs peut parfois être trop, comme chaque plant de haricot va grimper sur plusieurs maïs. Ça dépend donc de la variété des haricots aussi. Si c’est une variété à fort développement, il vaut mieux en planter un sur deux. Si c’est une variété de haricots au développement plus modéré, on peut essayer dans planter un par pied de maïs.

      Mais parfois tout ne lève pas dans la milpa, et il est quand même préférable d’avoir quelques plants en godets pour pouvoir palier à un éventuel manque.

  3. J ai rssaye l ete dernier ey le gris probleme c que j ai rencontre c que le mais pousse pas haut chez moi j obtiens de petit epis et des plant trop faible pr servur de tuteur a haricot, crpendant les courges ont bien donné.le pb du mais c soit l attaque des limaces en les repiquant ( je laisse les limaces tranquilles et ont leur role) soit que je n arrise pas assez regulierement

    1. Bonjour Benoit, avez-vous essayé une autre variété de maïs aussi ? Il se peut que votre variété soit légèrement fragile ou qu’elle ne soit pas adapté à votre climat/sol/façon de jardiner. Je vous conseillerai de faire un test la prochaine fois que vous mettrez en place l’association de la milpa : choisissez deux variétés (ou plus en fonction de la taille de la parcelle que vous allouerez à cette association de la milpa), et plantez les en même temps. Cela vous permettra de voir si cela ne vient pas de la variété

  4. Salut Heikel !!
    Je connaissais les 3 sœurs la tomate, la courgette et le maïs mais je ne connaissais pas la Milpa du moins ce terme. L’association oui. Je ne savais pas que cette association s’appelait comme ça. Merci pour ton explication.

    1. Salut Jean Claude, dans ton association tu veux dire que les plants de tomates se servent des maïs comme des tuteurs ? (Comme les haricots se servent des plants de maïs comme tuteurs dans la milpa.) Les pieds de tomates ne sont pas trop lourds ?

      Avec plaisir !

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