Au jardin potagerPermaculture

Le compostage de surface

Posted

Tout le monde a déjà entendu parler du compost, mais connaissez-vous le compostage de surface ? Et le compostage à froid ? Peut-être que oui, mais alors quelle est la différence entre le compost et le compostage de surface ? On voit ça tout de suite dans l’article !

 

Le compostage de surface

Je vous ai déjà parlé de l’intérêt du compost au jardin potager, pour les agriculteurs ou maraîcher. Et je ne reviendrai donc pas en détail sur tout ce que j’y ai détaillé. Si cela vous intéresse je vous invite à lire l’article avant de lire celui-ci : l’intérêt du compost. On en entend assez fréquemment parler de compostage de surface dans le monde de la permaculture. Mais il demeure quand même une certaine part d’ombre sur cette technique pourtant très simple. Essayons tout d’abord de comprendre ce qu’est le compost de surface et ce qui le différencie du compost traditionnel.

 

Qu’est-ce que le compostage de surface

Le compost en surface, est une technique de compostage qui s’inspire de la nature. Et du processus naturel de vie des plantes. Au lieu de faire un compost en tas, ou de le faire dans un silo, le compostage en surface se fait… En surface, eh oui ! Il s’agit de composter la matière organique directement sur le sol. Je vous le dis dès maintenant, cette technique à tout à fait sa place sur un balcon (dans des proportions raisonnables). Maintenant qu’on a compris ce qu’était le compostage de surface, voyons ce qui le différencie du compostage à froid.

 

Le compostage à froid

Le compost de surface peut en fait être considéré comme un compost à froid. En fait un compostage à froid est un compost qui n’est pas forcément monté en température, comme cela se fait normalement dans la nature.

Un compost à froid peut très bien être un compost en tas. Cela ne dit pas que ce dernier ne montera pas en température. Cela se produit car il y a une grosse concentration d’humidité et de matière azotée. Mais ce n’est pas le but recherché, et la montée en température n’est pas aussi forte que dans le cas des composts traditionnels. D’ailleurs cette technique amène plusieurs avantages comme des efforts en moins à faire : pas besoin de retourner fréquemment le tas de compost. Mais le compost à froid amène aussi des inconvénients, comme le fait de devoir attendre plus longtemps pour que le compost se fasse.

J’ai entendu dire que le compost ainsi obtenu était de bien meilleur qualité qu’un compost qu’on fait monté à haute température, est-ce que vous avez déjà essayé ? N’hésitez pas à le dire en commentaire !

 

Concrètement, on fait comment ?

L’équilibre carbone azote

mulch champignon brf compostage de surfaceComme pour chaque compost, il est assez important de respecter une proportion de matière organique. Ici la proportion, on s’en fiche un peu et je vais m’expliquer. Le compostage de surface, se fait à la surface. Mais il ne vous aura pas échappé que je parle souvent de permaculture et que j’essaye de vous amener les techniques qui semblent les plus adéquates et les plus écologiques et efficaces pour votre jardin potager. Du coup, si vous avez lu quelques uns de mes articles, vous savez que je vous parle souvent du mulch. Et c’est précisément de quoi il est question ici.

Si vous ne savez pas ce qu’est le mulch (aussi appelé paillis ou paillage), je vous invite à lire l’article assez complet que je vous ai écrit sur le sujet : le mulch qu’est-ce que c’est ? Je vous y donne aussi plusieurs conseils et astuces pour le mettre en place.

Voilà, vous savez donc que je vous recommande, dans la mesure du possible, de mettre un mulch carboné à la surface du sol (des matières sèches et brunes donc). Comme le foin ou la paille. Et cela contrebalance parfaitement les matières azotées que vous apporterez par vos déchets de cuisine dans votre compost de surface !

Donc nul besoin de vous embêter avec les proportions ici, faites comme cela vous convient. Évidemment je vous déconseille de mettre un seau de déchets dans un endroit et de partir. Essayez de répartir sous votre paillage vos déchets de cuisine.

 

Une astuce pour le mettre rapidement en place

Avant même de commencer son potager, le compostage en surface peut tout à fait être mis en place ! En effet, vous pourrez mettre vos déchets directement à composter sous une couche de carton ou une couche épaisse de mulch pour préparer une zone de culture. Vous pouvez bien entendu planter des pommes de terre ou autre pour préparer et récolter en même temps. À ce propos vous pouvez lire cet article sur la culture des pommes de terre que j’avais écrit aux débuts de ce blog : un technique très simple pour cultiver des pommes de terre sans efforts.

 

Pourquoi faire du compostage de surface

Les avantages d’un compost de surface

Le fait de mettre en place un compostage de surface vous apporte plusieurs avantages. On peut citer par exemple celui du gain de place. En effet, beaucoup de jardiniers ont un petit jardin potager. Et si on peut toujours trouver une petite surface pour faire un tas de compost, il est parfois dommage de le faire si cet espace aurait pu servir de surface cultivable. C’est pourquoi le compostage de surface constitue une bonne solution à ce problème. Composter ses déchets de cuisine, et tous ses autres “déchets” directement à la surface des planches de culture permet de gagner de la place !

Le fait de faire son compost directement à la surface du sol permet aussi de conserver entièrement les bienfaits du compost sur place. Les jus de matières azotés qui s’écoulent durant le processus de compostage vont directement aller dans la terre de vos cultures au lieu d’aller dans la terre sous votre tas de compost.

Le fait de composter votre matière organique directement sur place vous permet aussi d’augmenter, et ce très rapidement, la vie présente dans le sol. Les vers de terre viendront directement ici, ainsi que tous les micro-organismes qui devraient déjà être présent grâce à un mulch épais.

Et pour finir on peut aussi dire que le compostage de surface est une solution rapide à ce que l’on nomme la faim d’azote. Lorsque l’on épand de la matière organique riche en carbone, ce qui est conseillé pour un mulch, un des effets est la faim d’azote. Il s’agit en fait d’une absorption rapide de l’azote contenu dans la terre par les micro-organismes qui se développent rapidement et qui vont attaquer la cellulose de votre mulch. Cet effet dure quelques semaines et beaucoup de jardiniers en ont peur. Mais pas d’inquiétude à avoir, tout rentre vite dans l’ordre. Surtout si vous pratiquez le compost en surface de votre sol.

 

L’inconvénient du compostage de surface :

Une des critiques que l’on entend souvent est que cela n’est pas très esthétique et j’en conviens. Sauf que… avec le mulch ce problème n’en est plus un, puisque tout est caché par le mulch qui recouvre la terre sur plusieurs centimètres. J’ajouterai que la matière organique se décompose rapidement. Par exemple, une peau de banane que l’on repère très facilement le premier jour, va très vite noircir et se mêler au décor.

Le vrai inconvénient auquel on peut réfléchir est le suivant : lors de la montée en température, un compost détruit le pouvoir germinatif des graines en dormance. Or, un compost obtenu par le compostage à froid ou compostage en surface n’a pas détruit le pouvoir germinatif des graines qu’il contient. Du coup, pour les grosses graines, elles peuvent pousser à travers le mulch. Pour les graines plus petites, comme l’herbe, vous n’avez pas de soucis à vous faire. Et si elles poussent à travers le mulch, les arracher (si cela est vraiment utile) sera bien plus facile dans ce cas.

 

Vous avez déjà utilisé cette technique ? Vos résultats nous intéresse ! N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous !

Et n’oubliez pas de partager cet article autour de vous. 😉

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    534
    Partages
  •   
  • 510
  • 24
  •  

26 réflexions au sujet de « Le compostage de surface »

  1. Bonjour,
    Oui j’utilise beaucoup cette mèthode de compostage de surface….
    Et je recouvre de foin…. Joie de voir en plein èté, vers de terre actifs, légumes en pleine forme, et humaine joyeuse et pas fatiguée… Femme de 57 ans, je prends soin de la terre et de mon corps en lui offrant des gestes simples et efficaces pour tout ce petit monde….

    1. Bonjour,

      Voilà un magnifique témoignage ! J’ai aussi remarqué que les vers de terre, qui sont normalement bien peu présents à cette saison, montrent bien plus facilement le bout de leur nez. Le compostage de surface et le mulch ne doivent pas y être pour rien.
      Je vous souhaite beaucoup de joie dans votre jardin ! 🙂

  2. Oui, j’ai déjà expérimenté ! Et une fois de plus, je l’ai fait intuitivement, sans me soucier de savoir si cela se pratiquait ailleurs. Pour l’esthétique, j’ai rapidement compris la demarche : si je revois du monde, je “camoufle”sous la paille ( elle est toujours à proximité)ce qui peut apparaitre comme sale” pour certains yeux non avertis… Genre papiers d’essuyage non chloré, peau de melons, d’avocats…) et sans le savoir, comme mr Jourdain pour la prose, je fais du “compost de surface”et effectivement pour le carré, enfin rectangle où j’ai expérimenté le carton, les petits verts et autres locataires sont devenus plus nombreux, et la terre s’est constituée plus rapidement, a la grande joie des salades !

    1. Bonjour,

      Merci pour votre témoignage Nelly !
      Comme le disais Oscar Wilde : “La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.”

      Les insectes, micro-organismes et vers de terre doivent effectivement être à leur aises chez vous ! Il est très intéressant de faire son compost directement sur place, le compostage de surface, pour augmenter la vie dans nos sols !

      Beaucoup de personnes font, ou on fait de la permaculture sans forcément le savoir. Et une fois qu’ils en ont été informés, ils disent souvent “oh, mais je faisais déjà de la permaculture sans le savoir !”

      C’est du simple bon sens !

  3. Bonjour, depuis le début de la saison, je le pratique également dans mon micro potager, principalement par esprit de simplicité et pour nourrir mes plantes en pot! Autre bénéfice, le compostage de surface nourrit les limaces et escargots qui n’ont plus faim pour les autres cultures :)!

    1. Bonjour Francis,

      Effectivement j’ai oublié de le dire, c’est un sacré avantage ! Le fait d’attirer les escargots et les limaces sur des déchets plutôt que nos plantes en train de pousser. C’est un grand avantage du compost en surface ! Je le rajouterai dans l’article !

      Merci pour votre commentaire !

  4. Salut Heikel !!
    Mon commentaire est parti tout seul. Désolé. Je recommence donc. Tu n’auras qu’à effacer le premier.
    Encore une fois de plus ton article est complet. J’ai de la place dans mon potager pour faire un tas de compost mais finalement je vais le supprimer ce qui me permettra de récupérer un petit carré supplémentaire. Je vais l’étaler sur le sol de mon potager en le recouvrant de paillage. ça tombe bien. Je dois renouveler mes fraisiers et ces derniers sont très gourmands en compost. Je vais donc déposer ce compost à l’emplacement que je prévois pour mes fraisiers. A l’avenir j’étalerais tous mes déchets d’épluchures, de fruits, coquilles d’œufs.. Etc.. sur le sol de mon potager en le recouvrant d’une couche de paillage. Merci à toi pour ce partage.

    1. Salut Jean Claude, merci pour ton commentaire !

      C’est un gain de place et de temps considérable de faire son compost en surface, directement sur le sol. Les vers de terre, les micro-organismes et les insectes décomposent la matière organique beaucoup plus rapidement ! D’après mon expérience et ce qu’on m’a dit en tout cas.
      Alors qu’un compost en tas ou dans un silo, il faut remuer, retourner etc.

      Quand on a un petit jardin potager, faire un compost en surface me semble une excellente idée !

      1. Même si on a un grand jardin. ça permet de préparer une parcelle à l’avance que l’on a déterminée pour telle plantation ou telle autre. C’est encore une tache que l’on ne fera plus (retourner le tas de compost avec la fourche). En plus on économisera aussi son dos.

  5. Moi je le fais depuis des années j’ai arrêté le travail du sol il y a 2 ans dans un sol très argileux. On m’avais dit que se serait impossible. Je passe pour un extra terrestre du jardin car je récupère les déchets vert de mes voisinset j’ai un jardin qui ne ressemble a rien celon certains. Et je m’en fiche que ce ne soit pas très esthétique. Au moins quand je fais un trou pour planter mes plants je me retrouve avec des quantités de vers de terre astronomique .que du bonheur

    1. Super nouvelle ! On remarque bien lorsque l’on étudie un tout petit peu les différents profils de sols, entre labourés et non labouré, que les sol labourés sont bien plus compactés et souffrent d’un manque flagrant de vie et d’humus.

      Je vous souhaite beaucoup de découvertes de ce genre, et beaucoup de bonheur dans votre pratique du jardinage ! 😉

  6. Je met dans mon jardin tous les déchets organiques que je trouve tout au long de l’année, tout y passe du copeaux de résineux, du bambou, épluchures de cuisine, pommes de pains, tonte, la taille des fruitiers , épines de sapins … etc…
    Je pose tout au hazard que ce soit sur les buttes ou dans les allées, et je plante et sème au milieu.

    1. Et j’imagine que tout se passe bien, sinon vous l’auriez mentionné. C’est ce que disaient les fermiers de fermes biologique en permaculture du Bec Hellouin. Ils pensent aussi que c’est la diversité de leur mulch et de leur couvert qui leur confère beaucoup d’avantages précieux. Et qui contrebalance les effets “négatifs” des résineux sur le sols.
      A bientôt,
      Heikel. 🙂

  7. Cet article est hyper intéressant! J’étudie le sujet et tous les livres que j’ai lus disent que la maturation préalable des matériaux est nécessaire avant d’amender son sol avec. Mais là, d’après les commentaires (grâce auxquels j’ai compris ce qu’était le compost de surface parce qu’en lisant l’article j’avais pas compris), ça a l’air de marcher très bien.
    Alors merci beaucoup d’avoir partagé cette méthode, c’est une hyper grande avancée, je suis étonnée de pas en avoir entendu parler avant. Ca vient d’où et c’est sorti quand?
    Merci encore, je vais essayer dès que possible!

    1. Bonjour Amanda, merci pour votre commentaire. Parfois notre style ou nos explications ne conviennent pas à tous. C’est pour cela que j’invite les lecteurs à commenter au maximum, à poser leurs questions et à interagir.

      Effectivement, vous pouvez laisser directement vos déchets (sans maturation préalable) sur la terre, et sous un mulch de préférence.

      Honnêtement je ne pourrais pas vous dire depuis quand cette technique est utilisée par les jardiniers/paysans… Par contre, ce qui est sûr, c’est que ça existe depuis très longtemps dans la nature. Les feuilles et les fruits tombent directement au sol (sans maturation préalable), et se “composte” sur place depuis des centaines de millions d’années. 🙂

      Très bonne semaine, à bientôt,
      Heikel

  8. je lis beaucoup de choses sur le compostage de surface à planquer sous le mulch mais je ne comprends pas très bien. Des déchets de cuisine, j’en ai tous les jours, alors une fois que j’ai étalé mon mulch, il faut que je le soulève à chaque fois ? Et jusqu’à quand étaler mes déchets pour pouvoir cultiver au printemps ?

    1. Bonjour. Tout dépend de quels déchets il s’agit. Évitez les plats composés et limité les apports d’aliments cuits qui risquent d’attirer les rongeurs etc.
      Je vous conseille de placer les déchets directement sous le mulch effectivement, afin que la faune du sol puisse la décomposée bien tranquille.
      Tout dépend de votre surface et du nombre de personnes dans votre foyer. Sans ces informations, ce que je vous dirais n’aurait pas de valeur. Je peux juste vous dire qu’en général c’est vite décomposé, surtout sous un mulch. Et que ça n’empêche pas de cultiver même s’il y a des déchets sur la terre. À vous de jugez et de faire vos propres essais donc.

      Heikel

    2. Salut Edwige !!
      Pour compléter les explications d’Heikel je dépose sur mon sol que des épluchures et et éventuellement du papier essuie tout. Et oui, il faut à chaque fois écarter la couverture de son sol et la remettre ensuite sur les déchets déposés. Ce n’est rien du tout à faire. C’est très rapide. Je confirme que ça se décompose très rapidement et ça n’empêche pas de faire ses plantations au printemps.

  9. J’ai un balcon et pas de paille ! Je rajoute mes déchets dans les bacs de fleurs ou de légumes (je suis autonome en salade, et légumes verts) et je recouvre avec des petits tapis de mousse pour l’humidité et l’esthétique. J’ai aussi un compost dans lequel je mets les vieilles plantes et leur terre, les bouquets de fleurs, les boites à œufs, etc. Je suis ravie car je ne peux renouveler ma terre (âge et plus de maison de campagne) et j’arrive à maintenir une terre humifère et sa faune.

  10. Bonjour. Je pratique deux composts: un de surface avec épluchures, fruits/légumes trop abîmés pour être récupérés. Et un autre, en tas où je mets divers déchets de cuisine dont restes de repas etc… L’intérêt, du compost de surface est évidemment de stimuler la vie du sol, d’apporter ce qu’il faut aux plantes là où elles en ont besoin, les limaces et escargots en raffolent, mais aussi les insectes, souvent je cache sous le paillage mais cet été, j’ai laissé des déchets de melons en vue, ainsi les insectes volants (frelons notamment) ont délaissé mes fruits auquels ils s’attaquaient pour prendre ces restes… Quand au compost en tas, il est dans une zone où il ne me gêne pas (et pas pratique à cultiver) et me sert une fois tamisé à faire mes semis…

    Merci pour cet article très intéressant!

    1. Bonjour Muriel 🙂

      Génial, merci pour votre commentaire ! Effectivement, l’intérêt principal est de stimuler, et ce très rapidement, la vie du sol !

Laisser un commentaire