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La permaculture, qu’est-ce que c’est ?

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On a tous entendu parler de la permaculture. Certains lui collent l’image de la culture sur butte “on ne fait pas de permaculture sans butte”, “ce sont des buttes permaculturelles” etc. J’ai moi-même sorti des phrases du genre, et c’est normal quand on ne comprend pas complètement ce qu’est la permaculture.
Mais la permaculture se résume t-elle a des pratiques culturales ? Et se résume t’elle aux buttes ? (dont les conceptions varient de jardinier en jardinier) ?

 

Définir la permaculture

Je vais essayer de démêler tout ça dans ce guide sur la permaculture. Dans ce guide nous allons aborder les points essentiels de la permaculture c’est-à-dire le concept de permaculture. En effet la permaculture ce n’est pas un concept réservé au jardinage, au maraîchage ou l’agriculture mais aussi aux échanges entre les humains et l’éthique humaine.

Étant sur un site de jardinage on s’attardera plus particulièrement sur les parties concernant les concepts agricoles. J’étayerai les explications des différents points par des techniques pratiques que l’on peut mettre en place.  J’ai voulu ce guide aussi complet que possible tout en restant très simple, j’aborderai donc seulement les parties moins “jardinage” mais toutes aussi importantes dans la permaculture. De ce fait, j’ai du faire un choix concernant les techniques, et prendre celles qui sont les plus connues et celles qui me semble les plus intéressantes à mettre en place dans un jardin ou une exploitation en permaculture. Je rajouterai dès le début, qu’aucunes techniques ou méthodes n’est propre à la permaculture. La permaculture est une boîte à outils conceptuelle qui nous aide à réfléchir sur les relations des différents éléments de notre jardin (entre autre), ce qui permet de choisir des techniques pour répondre à ces problématiques grâce à la permaculture. J’y reviendrai dans le guide, ça peut paraître un peu compliqué de prime abord, mais ça ne l’est pas du tout !

 

La permaculture

Définition de la permaculture

On a tendance à traduire permaculture comme “agriculture permanente” en français pour l’expliquer simplement. Et cela vient de sa création (en anglais). Le mot permaculture est en fait un mot-valise entre “permanente” et “agriculture” en anglais. En français, comme je le disais, c’est l’inverse : agriculture permanente. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, mettre en place un système le plus durable possible en prenant en considération aussi bien les ressources matérielles, le lieu (géographie, biodiversité etc) que des ressources humaines.

L’origine du mot est souvent attribuée à Bill Mollison et David Holmgren, ce qui n’est pas correct. C’est Cyril G Hopkins qui en 1910 utilisa cette expression pour la première fois. Ça reste du chipotage parce que c’est effectivement Bill Mollison et David Holmgren qui développèrent le concept de permaculture. Notamment au travers de plusieurs livres dont j’aurai l’occasion de vous parler.
Ces auteurs sous-entendaient notamment, par cette expression, des méthodes et techniques culturales permettant de “préserver”  la fertilité du sol. On verra par la suite que l’on peut aussi chercher à accroître cette fertilité dans le système permacole.

 

Le concept de permaculture

La permaculture, comme je le disais plus haut, ne se résume pas à l’agriculture, elle va beaucoup plus loin. C’est pour ça qu’on l’a définie très souvent comme un concept systémique. La permaculture ne se résume donc pas à des techniques agricoles. D’ailleurs il n’y a aucune techniques agricoles qui peut se revendiquer de la permaculture. Pour reprendre une métaphore lue sur l’excellent blog de La Graine Indocile :

“La permaculture est comme la tringle d’une penderie, et toutes les techniques sont des cintres que l’on peut y accrocher ou non.”

Je trouve que cette métaphore est géniale, car elle arrive à expliquer très simplement ce qu’est la permaculture. Ou en tout cas, elle arrive à expliquer ce que n’est pas la permaculture. Comme nous allons le voir, beaucoup de gens, quand ils commencent à se renseigner sur le sujet, arrivent à la conclusion qu’ils faisaient de la permaculture sans en connaître le terme.

 

forêt le sol, la terre et les champs
Les forêts sont un exemple très parlant du modèle naturel de formation des sols. Photo de Aya Okawa

Les principes de bases de la permaculture

On peut donner 3 principes clairs : prendre soin de la terre, prendre soin des Hommes, et partager équitablement.

Ce sont vraiment ces 3 principes qui sont fondateurs de la permaculture. Si vous avez le souhait de mettre en place un système en permaculture, je vous conseille vivement de vous intéresser à toutes les composante de ce concept.

Vous verrez dans la suite que vous-même, faites peut-être déjà de la permaculture et même dans d’autres domaines que le jardinage, car cela relève simplement du bon sens. Vous n’appliquez peut-être pas tout, mais il faut bien commencer quelque part. Pour citer Perrine Hervé-Gruyer, la cocréatrice de la ferme biologique en permaculture du Bec Hellouin :

« Devenir permaculteur c’est se mettre à l’école de la nature, c’est en comprendre le fonctionnement. Les principes de la permaculture sont simples, d’ailleurs souvent des gens viennent me voir et me disent « oh mais moi je fais de la permaculture et je ne le savais pas ! » tout simplement parce que c’est du bon sens. Et ces principes là, ils sont très efficaces. Vous pourriez vous imaginer la permaculture comme une boîte à outils qui au quotidien va vous donner les outils et les moyens pour re-créer, imaginer la vie à laquelle vous aspirez. Une vie qui va vous permettre de vous épanouir, de respecter votre environnement, notre planète et les autres. »

Je vais faire une grande partie sur la composante agricole de la permaculture. Et donc concrètement, comment faire un jardin potager en permaculture. En vous développant un certains nombres de techniques à mettre en place au jardin potager, ou dans une ferme en permaculture.

 

Prendre soin de la Terre

Concrètement, il est possible de faire de la permaculture en utilisant des produits phyto-sanitaires. Mettre en place quelques principes de bases et quelques techniques de bases peuvent être suffisantes pour que quelqu’un ne faisant pas du jardinage bio puisse dire qu’il fait de la permaculture.

Mais il faut y mettre un bémol. La permaculture au jardin consiste à prendre la nature comme modèle. Dans la nature, les principes actifs pour lutter contre des ravageurs sont effectivement présents, mais personne ne vient épandre sur les cultures des quantités (ou même qu’un peu) de produits phyto sur les plantes pour les aider à se défendre. Dans un jardin permaculturel on essaye de prendre la nature comme modèle et d’agir en conséquence. Et ainsi, on voit clairement les dégâts sur les cultures s’atténuer.

Le sol, la terre et les champs claude et lydia bourguignon
Un livre à avoir lu au moins une fois dans sa vie de jardinier.

Cela passe par plusieurs techniques : associer les cultures avec des variétés différents mais aussi, et surtout, des espèces différentes. Choisir des espèces habituées aux conditions de notre situation et ne pas choisir des semences hybrides F1 qu’on ne peut pas reproduire. Accroître la biodiversité dans notre écosystème afin que les populations de “ravageurs” soient gérées par d’autres espèces animales. Je vais revenir sur ces points qui me semblent particulièrement importants.

 

En permaculture, chaque élément profite aux autres. Il y a une interaction très forte entre chaque éléments. Que ce soient entre les espèces végétales et animales (notamment avec les auxiliaires). En effet chaque fonction est remplie par plusieurs éléments. Et chaque éléments permet de remplir plusieurs fonctions. Par exemple, les déchets de l’un sont les ressources de l’autre.
C’est ce qui fait une des grandes richesse de ce concept et ce qui lui confère une grande résilience. Je vais développer ces différents points en donnant rapidement quelques exemples liés au jardinage.

 

Chaque fonction est remplie par plusieurs éléments

Comme on dit, il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. C’est un peu cela qu’il faut comprendre dans cette partie.

Les auxiliaires

Si vous avez déjà lu quelques uns de mes articles, vous savez que ce sujet m’intéresse beaucoup. J’ai d’ailleurs fait un article très complet sur le sujet des auxiliaires au jardin potager que je vous invite fortement à le lire pour comprendre tout l’intérêt de cette approche : les auxiliaires au jardin potager.

Pour résumer, il s’agit de comprendre que dans la nature, chaque espèce que l’on nomme “ravageur” à des prédateurs. L’exemple caractéristique est celui des pucerons qui sont mangés par les coccinelles. Là où la permaculture intervient, c’est qu’en prenant exemple sur la nature, et donc en laissant les pucerons au jardin (sans intervention humaine quoi), les coccinelles vont venir petit à petit réguler tout cela. C’est pareil pour le reste, les limaces avec les carabes ou autres.

coccinelle maïs auxiliaires août
2 coccinelles sur un maïs plein de pucerons. Quelques semaines après j’y ai remarqué une présence très forte de larves de coccinelles, allez savoir pourquoi… 😉

C’est en laissant la biodiversité s’installer et agir que l’écosystème retrouve sa complexité magnifique d’origine. Et c’est grâce à cette complexité que sont gérées la majorité du temps des “invasions” de quelques espèces que ce soit. Comme le dit très bien Charles Hervé-Gruyer :

« Plus la biodiversité est grande, plus la résilience d’un milieu est grande. »

 

Les associations de cultures au jardin potager

C’est un autre sujet qui me plaît beaucoup et que vous devez certainement connaître de près ou de loin. L’intérêt d’associer plusieurs cultures différentes est multiple : il permet d’augmenter la production totale d’une même parcelle. D’aider les plantes à mieux résister aux animaux qui les consomment ou autres ravageurs (champignons par exemple). L’association de culture permet aussi de combiner des éléments de chaque culture pour créer un modèle plus complet. Parmi les associations de plantes les plus connues vous avez la milpa, aussi appelée les 3 soeurs, une association pluri-millénaire qui nous vient principalement d’Amérique. Elle associe 3 cultures : le maïs (qui sert de tuteur), le haricot grimpant (qui fixe l’azote atmosphérique) et la courge (qui sert notamment de mulch). J’ai écrit un article sur comment cultiver la milpa, et si cette association vous intéresse je vous invite à lire l’article : la milpa ou les 3 soeurs une association au jardin potager.

 

Chaque éléments à plusieurs fonctions

En permaculture, chaque éléments mise en place doit avoir plusieurs fonctions (si possible évidemment). Et cela n’est pas très dur, je vais vous donner un exemple très parlant, celui de l’arbre. Si vous avez planté des arbres un jour dans un terrain vous appartenant vous avez sans doute remarqué quelques points qui vont suivre.

Les arbres n’ont pas pour seule fonction que de produire des fruits au jardin potager, mais aussi :
-produire une grande biomasse avec leurs feuilles
-biomasse qui formera un paillis sur le sol, l’enrichira et nourrira le sol, sa faune et sa flore
-produire de la nourriture (fruits mais aussi feuilles)
-produire de l’ombre et une protection contre le vent (important pour le potager)
-produire des principes actifs (utilisable sous diverses formes : infusions, sirops…)
-produire du bois de chauffage
-capter du carbone (si on ne l’utilise pas en bois de chauffage par la suite)
-fixer de l’azote dans le sol pour les espèces fixatrices d’azote (comme : le févier)
-prévenir les glissements de terrain
-fournir le gîte et le couvert pour la biodiversité
-remplir les nappes phréatiques
Le choix de l’exemple de l’arbre n’est pas anodin, s’il y’a bien une plante phare de la permaculture, cela pourrait être l’arbre de part toutes ces fonctions et avantages qu’il amène au jardin potager.

 

Les déchets de l’un sont les ressources des autres

Cette partie est très intéressante, en effet, elle invite à ne plus considérer les déchets de certains éléments comme de simple déchets, mais comme des ressources à allouer à d’autres tâches.

Le compost au jardin potager en permaculture

Le compost est certainement l’exemple que tout le monde connaît, que l’on soit jardinier ou non. Il s’agit de prendre les déchets de cultures, de cuisine et autres, et de créer une terre (ce n’est pas tout à fait de la terre, mais je simplifie) riche et fertile dont les avantages sont très nombreux. Il existe tout un tas de compost différents : compost de jardin, compost de fumier, compost de champignonnière ou d’algues, etc.
Si vous voulez en apprendre plus sur le compost et son intérêt au jardin en permaculture je vous invite à lire l’article suivant : le compost au jardin potager, son intérêt et son utilisation.

 

bac à compost - composteur
Il est très simple de fabriquer un composteur. C’est un bac à compost que j’ai construit l’année dernière avec des matériaux de récupération.

Le mulch en permaculture

Dominante principale avec les buttes, le mulch est connu de quiconque d’intéresse à la permaculture. Si vous ne savez pas ce que c’est, je vous invite fortement à aller lire l’article que j’ai écrit sur le sujet, je vous explique la marche à suivre et vous guide dans le choix de votre matière première : le mulch en permaculture, qu’est-ce que c’est ?
Le mulch est une couverture du sol. On peut en distinguer 2 types, le mulch utilisé pour améliorer le sol (comme la paille ou autre), ou le mulch ne remplissant pas cette fonction (comme les galets, autres minéraux et bâche). On prend ici aussi exemple sur la nature, en effet, dans la nature le sol n’est jamais à nu (sauf conditions très particulières comme le désert, mais ce n’est pas notre but dans un jardin).

Le mulch remplit diverses fonctions (en plein dans la permaculture donc 😉 ). Il permet de protéger le sol en formant une barrière physique aux aléas climatiques : comme du lessivage ou de l’érosion causés par le vent et la pluie, le protéger aussi du soleil brûlant de l’été et donc de la formation d’une croûte à la surface très connue des jardiniers. Il protège la terre effectivement, mais quand je dis sol, j’entends aussi toutes la vie qu’il abrite et qui est complètement oubliée aujourd’hui. Alors que c’est elle qui est garante de la fertilité de notre sol.

 

Le design en permaculture

design permaculture ferme bec hellouin
Vue aérienne de la ferme du Bec Hellouin au design très étudié source

Le design en permaculture est un point très important. Un excellent design est primordial à qui veut créer un jardin ou une ferme en permaculture. Il faut prendre en considération l’espace et le climat du lieu. Mais aussi les cultures que l’on veut mettre en place et les arbres que l’on veut planter. Sans oublier les arbres déjà présents sur place.

Il s’agit en effet de rechercher une efficacité optimale pour un minimum de travail. S’il faut aller chercher les herbes aromatiques pour la cuisine à l’autre bout du jardin, on comprends l’utilité d’un design réfléchi.

Le design en permaculture se sert notamment de zones. Ce zonage consiste à délimiter le terrain en zone. par exemple, la zone zéro serait la maison et la zone la plus grande celle qui ne nécessite aucune ou très peu de visites.

 

Prendre soin de l’humain et partager équitablement

Juste un mot sur ces deux principes fondateurs de la permaculture qui sont très importants aussi. En effet, comme je l’ai dit à plusieurs reprises la permaculture est un concept général applicable tant à l’agriculture qu’aux relations entre les humains.

Le champ d’application des principes énoncés plus hauts sont plus larges qu’on pourrait le penser. Ils peuvent s’appliquer à l’habitat ou à l’énergie.

Pour finir, une idée importante, est celle que la permaculture et l’inspiration de la nature permet de créer des milieux dont le tout est plus que la somme de chaque parties individuelles.

 

Quelques ressources complémentaires sur la permaculture :

Si vous voulez vous renseigner plus profondément sur la permaculture je vous conseille ces ressources dont je me suis servi comme sources pour certains points :

 

J’espère avoir répondu à la plupart de vos questions sur la permaculture. Vous avez une question ou une remarque ? N’hésitez pas à me laisser un commentaire ci-dessous, j’y répondrai avec plaisir.

Et n’oubliez pas de partager l’article sur les réseaux sociaux ! 😉

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20 réflexions au sujet de « La permaculture, qu’est-ce que c’est ? »

  1. Bonjour, j’ai lu votre article avec intérêt.
    Je voudrais juste préciser que pour moi le design n’est pas primordial en permaculture et peut être même pas nécessaire du tout. On recherchera certainement la facilité dans l’aménagement du jardin mais pas besoin pour cela de faire des arcs de cercle ou demi lunes ou autres dessins juste pour faire joli.
    Quant au compost , pour rejoindre l’idée de permaculture, mieux vaut le faire directement à ciel ouvert,en surface et non en tas ou bac pour créer une “nouvelle terre”. S’il est mal fait cela n’apportera que des déséquilibres.
    C’est l’idee que je me fais de la permaculture que je pratique depuis quelques années et je voulais la partager avec vous.
    Bon jardinage à tous.

    1. Bonjour,

      Pour le design en permaculture, je me suis sans doute mal exprimé. Le design permaculturel permet réfléchir à la place de chaque chose et non de dessiner son jardin selon des techniques particulière.

      On donne souvent l’exemple des herbes aromatiques qui doivent être à proximité de la cuisine afin de ne pas avoir à traverser tous le jardin afin d’aller les récolter. Et à l’inverse, il n’aurait pas de sens de mettre un arbre qui ne nécessite pas d’entretien particulier au plus près de la maison. Un arbre qui nécessite plus d’entretien à plus de raison de s’y trouver.
      Évidemment, comme je le dis dans l’article, le design comme la permaculture ne sont pas des choses rigides à prendre au pied de la lettre. Chacun voit midi à sa porte et s’approprie ces idées selon son contexte et son envie. 😉

      Les jardins mandala et autres sont certes très agréables esthétiquement parlant, comme vous le soulignez, mais ils ne sont pas toujours utiles. Donc je rejoins donc votre avis, il n’est pas nécessaire de faire des installations de ce genre dans son jardin potager pour coller à la permaculture. Notion qui est à différencier du design.

      Concernant le compost, je suis tout à fait d’accord avec vous et je le pratique dans mon jardin potager. Cela nourrit directement la faune du sol. Je pensais en avoir parlé dans mon article sur le compost, mais j’ai dû oublié, je rajouterai un passage d’ici peu. Mais lorsque les déchets sont vraiment nombreux, un compost en tas peut être envisagé. J’ai adopté ces deux techniques de compostage chez moi.

      Merci pour votre commentaire, à bientôt ! 🙂

      1. En fait, j’avais entendu (dans un film je crois, je ne me souviens plus) Charles-Hervé Gruyer du Bec Hellouin dire qu’il n’avait pas fait de design permaculturel au début de la ferme, car il ignorait encore tout du concept… mais il est retombé à terme sur quelque chose qui ressemble bien à un design très fouillé, simplement en réfléchissant aux trajets et aux besoins spécifiques de chaque type de plantes.

        1. Salut,

          Merci pour ton commentaire Isabelle ! Ce que tu dis là me dis aussi quelque chose. C’est peut-être dans le film Demain ? Ils parlent aussi de permaculture. Et ils tournent un passage à la ferme biologique en permaculture du Bec Hellouin.
          Absolument, il s’agit avant tout de réfléchir aux trajets, et aux différentes plantes.

          Pour avoir visité la ferme en permaculture normande l’année passée, je sais qu’ils ont fait quelques erreurs qui auraient pu être évité. Par exemple ils nous ont dit qu’ils avaient planté une rangé d’arbre qui finalement ne se taillent que très peu. Donc ils ne peuvent plus trop cultiver dessous maintenant. C’est pas vraiment une erreur, mais réfléchir à son design permet d’éviter plusieurs problèmes qui pourraient survenir 🙂

  2. Salut Heikel !! Je suis tout à fait d’accord avec le contenu de ta publication. D’ailleurs sur mon site j’ai une rubrique sur la permaculture et la culture bio –> Colonne de gauche. Il y a 9 publications. Merci pour le partage.

  3. Bonjour,
    je suis un passionné de la permaculture et en même temps, je m’y connais très peu. je suis en Afrique en pleine foret Equatoriale ( au Cameroun) et je voudrais appliquer les techniques de la permaculture. il ya trop d’arbres n’est ce pas nécessaire d’en abattre quelques uns qui font ombrage,afin de permettre aux petites plante de pousser?

    1. Salut Medou !!
      C’est super d’avoir une forêt à portée de main. La permaculture est une philosophie de vie, une façon de penser autrement. Il faudrait dans un premier temps que tu réfléchisses quelle plante mettre ? En permaculture les idées sont un peu à l’infini. Il n’y a pas de mode d’emploi type. Chacun avance avec ses idées et son inspiration du moment que tu respectes la nature avec son sol.
      Pourquoi tu ne ferais pas grimper des végétaux sur les arbres ? Je te conseillerais dans un premier temps de choisir des plantes qui aime l’ombre voire la mi-ombre. Nos forêts sont très belles sans aucune intervention de l’homme. Le but de la permaculture est un peu de retrouver cet état sauvage dans nos jardins potagers (Arrosage à la plantation et paillage pour ne plus arroser de la saison).
      Je ne sais pas de combien de surface tu disposes. Il faut que tu saches qu’en permaculture –> Création d’un jardin-forêt par exemple, il faut être patient. Je te conseille de ne pas aller trop vite, Tu en fais un peu chaque année.
      Pour répondre à ta question afin de te permettre que certaines plantes puissent voir le jour il faudrait que tu rabattes certains arbres qui ont des rameaux pas trop conséquents. Rabats les 0m80 à un mètre de telle manière que lors de la repousse tu auras des haies tout autour et dans ton potager ce qui permettra de laisser passer la lumière et le soleil pour tes futurs légumes.
      Je te propose une publication que j’ai écrit sur mon site agrémentée d’une vidéo https://spotjardinmonsite.com/2017/05/31/vie-en-harmonie-dans-un-potager-ou-dans-un-verger/
      Heikel t’en dira certainement un peu plus.

      1. Salut Jean-Claude,

        Merci d’avoir répondu au commentaire, je suis d’accord avec ton commentaire. Comme je l’ai dit il faut prendre son temps et bien réfléchir au projet que l’on veut mettre en place en permaculture. Surtout pour un projet aussi durable que celui d’une forêt jardin en permaculture. Et au lieu de couper certains arbres on peut juste les tailler très fortement.

        À bientôt ! 😉

    2. Bonjour,

      Le sujet est tellement vaste que je ne sais pas si c’est possible de s’y connaître totalement en permaculture. Du moment qu’on est passionné je pense que cela suffit, on se renseigne petit à petit et on apprend de plus en plus de choses en échangeant avec les gens.

      En ce qui concerne votre question : cela dépends de ce que vous voulez faire et de votre climat.

      -si vous voulez faire un jardin potager en permaculture : vous êtes en pleine forêt, j’imagine que l’ombre dont vous parlez est assez forte, donc vous devrez certainement en couper quelques uns. Afin de laisser des rayons du soleil, pas trop néanmoins puisque la plupart des plantes aiment un peu d’ombre (l’agroforesterie en atteste par exemple) -surtout si votre climat est assez chaud.

      -si vous voulez faire une forêt jardin en permaculture : je pense que c’est le modèle à privilégier dans votre cas. Si vous ne savez pas ce qu’est une forêt jardin en permaculture, je vais essayer de vous l’expliquer très succinctement.
      Une forêt jardin est à la croisée entre le jardin et la forêt. On y trouve une productivité énorme car les espèces et les emplacements ont été travaillés au maximum. La forêt jardin est un sujet qui est très connu en permaculture dont je parlerai dans un prochain article.

      Il s’agit de faire 7 étages en général (pour les espèces à vous d’adapter selon celles qui sont cultivées dans votre pays ou d’aviser selon votre envie) :
      -les arbres : dans votre cas vous pourrez en garder un bon nombre déjà présents et en remplacer une partie afin de créer des puits de lumières. Poiriers, pommiers, cerisiers, noyer…
      -les arbustes : des arbres inférieurs à 6-8 mètres. Pêcher, sureau…
      -les arbrisseaux : les petits fruits et autres petits arbres qui se ramifient depuis la base du tronc. Cassis, groseilles…
      -la strate herbacées : les légumes, légumes fruits et herbes. On privilégies des espèces vivaces pour rendre le modèle plus durable. Rhubarbe, oseille, salades, carottes, herbes aromatiques (menthe, mélisse etc), plantes sauvage (ortie etc)…
      -les plantes couvres sol : de petites plantes qui rampent pour couvrir le sol comme des fraises ou des plantes sauvages…
      -les plantes grimpantes sur les arbres et arbustes : vigne, kiwi, kiwaï, mûres sans épines…
      -les champignons, à cultiver sur des bûches par exemple.

      Si vous décidez de couper des arbres, je vous invite d’abord à bien réfléchir, les arbres sont d’une très grande utilité, tant pour le jardinier que pour la planète. Néanmoins je pense que la coupe de quelques arbres sera un passage obligé pour le premier comme le second projet. Donc je vous invite à travailler votre design : le plan selon lequel vous allez implanter votre jardin potager en permaculture. Je vous invite à lire le commentaire où je précise ce qu’est le design en permaculture. Définissez bien ce que vous voulez et faites même un plan avec les arbres déjà présents afin de bien savoir où allez.
      Donc réfléchissez aux arbres que vous couperez non seulement pour leur emplacement, leur taille (un grand arbre peut apporter et abriter plus de biodiversité qu’un petit), mais aussi pour leurs espèces et leurs intérêts (en fonction des fruits qu’ils peuvent apporter ou des feuilles/fleurs etc). Ils peuvent aussi présenter des intérêts au niveau de la biodiversité (si ils attirent, ou non, des auxiliaires) et si ce sont des fixateurs d’azote ou non.

      J’espère vous avoir apporté des éléments de réponses et de l’envie ! J’ai essayé d’être aussi complet de possible. Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas, j’y répondrai avec plaisir.
      Merci pour votre commentaire ! 🙂
      À bientôt,
      Heikel

        1. Salut Robin !

          Super sympa, merci beaucoup ça fait plaisir ! 🙂
          Effectivement, ton article sur le jardin forêt est lié. La permaculture est un sujet tellement vaste qu’on pourrait en parler dans des dizaines d’articles. Avec notamment toutes les techniques utilisables en permaculture, les livres, les auteurs…

          Très bonne journée à toi aussi !

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